![]() page d'accueil |
le
MMMFrance dans la presse |
|
LCI (05/12/2006) |
|
Parents, on vous aide ! |
L'aide aux parents entre dans les mœurs... et la campagne �lectorale.
Face � l'angoisse de la "parentalit�", les groupes de parole font le plein.
Mais des stages payants aux associations organisant des groupes de parole,
il y a de tout - et le plus difficile est de s'y retrouver.
Franck LEFEBVRE - le 05/12/2006 - 13h39
Dur, dur d'�tre parents. On le savait depuis Dolto, mais aujourd'hui, m�me
les politiques s'en m�lent. Leur sollicitude est redoutable. Nicolas Sarkozy
se pr�occupe des parents de mineurs d�linquants, des m�res isol�es et des
"orphelins de 16h30". S�gol�ne Royal �voque des "stages de parentalit�
obligatoires" pour parents suppos�s d�faillants. Des discours derri�re
lesquels se dessinent, en filigrane, des portraits de p�res et de m�res hors
du coup, voire d�missionnaires. Qu'il faut aider, mais aussi encadrer,
peut-�tre sanctionner.
Matraqu�s d'interdits et d'injonctions, les parents ne savent plus � quel
psychiatre se vouer. Comment �lever son enfant ? Les ouvrages de
sp�cialistes remplissent les librairies, Europe 1 a confi� une �mission au
p�dopsychiatre Marcel Rufo, Super Nanny vole au secours des familles en
crise sur M6, et sur internet, happyparents.com propose du coaching par
t�l�phone. Besoin de conseils, mais surtout d'une oreille bienveillante ?
Les parents d�boussol�s peuvent se rabattre sur les nombreux "stages"
payants qui fleurissent sur cette angoisse moderne. Mais il existe aussi
beaucoup d'associations pour permettre aux parents d'�changer, quel que soit
l'�ge de leurs enfants : des plus petits aux ados en crise.
Des r�ponses � des probl�mes tr�s concrets
Certaines sont dans la place depuis des d�cennies. Telle la F�d�ration
nationale des Ecoles des parents et des �ducateurs. La section fran�aise du
Mouvement Mondial des M�res a aussi mont� des groupes de parole, avec des
m�thodes inspir�es du coaching d'entreprise. "Nous voulions intervenir
aupr�s de m�res de toutes origines socio-culturelles, leur permettre d'�tre
�cout�es, d'�changer sans �tre jug�es", r�sume Isabelle de Rambuteau,
pr�sidente de la section fran�aise du MMM. Un �change permettant tout � la
fois de rompre la sensation d'isolement des parents face � la pression
sociale, de r�aliser que d'autres se posent les m�mes questions et ont des
r�ponses � des probl�mes tr�s concrets d'autorit�, de respect...
R�sultat : des m�res en crise regonfl�es � bloc, un dialogue r�tabli dans
les familles. Mais "il faut �tre inventif", assure Isabelle de Rambuteau.
D�monstration avec une participante, qui s'est munie pour ses enfants d'une
"bo�te � gros mots". Quand la bo�te est ouverte, toutes les grossi�ret�s
sont permises. Puis, la maman ferme la bo�te, la pose sur l'appui de la
fen�tre... et attend pour la rouvrir le passage d'un avion qui emportera les
gros mots avec lui. Une autre a confectionn� une "bo�te � r�ves", � ouvrir
en famille.
Sur la seule capitale, plusieurs dizaines d'associations organisant de
telles rencontres sont financ�es dans le cadre du REAAP de Paris (R�seau d'Ecoute,
d'Appui et d'Accompagnement des Parents). Brigitte Bansat-Le Heuzey, chef du
service vie familiale et droit des personnes � la Ddass de Paris, �voque "un
rythme de croisi�re de 90 projets sur 66-70 structures associatives ou
centres sociaux". Avec un credo : financer le plus largement possible, sans
viser particuli�rement des quartiers ou des populations d�favoris�s. "Les
REAAP ne s'adressent pas qu'� des parents qui ont des probl�mes, qui ne
"savent pas faire" : ils s'adressent � tous", r�sume Mme Denisot, de la
Ddass de Paris. Une philosophie novatrice qui �tait au cœur de la circulaire
de mars 1999 cr�ant les REAAP... lorsque S�gol�ne Royal �tait en charge de
la politique de la famille : plut�t que de se concentrer sur la pr�vention
de la d�linquance, elle privil�giait la valorisation du r�le des parents.
De la politique de la Famille aux discours de campagne, l'�volution de Royal
Mais financer ne suffit pas : "l'information est morcel�e", regrette
Dominique Duparc, directrice de l'Association Jeunesse de
Saint-Vincent-de-Paul (1). "Il faut trouver la bonne porte". M�me constat
pour Isabelle de Rambuteau : "Il existe plein de choses, mais il faut faire
les d�marches. Des m�res qui travaillent n'ont pas le temps". D'o� le
besoin, selon elle, de groupes de parole "� port�e de poussette".
Inventer des solutions pour dialoguer : tout est l�, puisqu'�tre parents ne
va plus de soi. "Tout le syst�me de pens�e b�ti sur le "baby-boom", quand
une jeune m�re pouvait cesser de travailler et reprendre sa vie
professionnelle � 40 ans, que les enfants avaient toujours un de leurs
parents � la maison, est d�pass�", r�sume Brigitte Bansat-Le Heuzey. "M�me
des parents socialement favoris�s peuvent �tre d�sempar�s par les r�actions
de leur enfant". Du coup, "�a ne choque personne aujourd'hui de voir des
parents du XVIe arrondissement dans un groupe de parole".
Les parents les plus fragiles sont, certes, les plus d�munis socialement.
"J'en vois beaucoup qui souffrent surtout de ne pas pouvoir acheter � leurs
enfants tout ce dont ils r�vent et qu'ont leurs copains de classe", t�moigne
Guillaume May, directeur d'Alphabet Familles. "Elles en pleurent la nuit,
les mamans". Pourtant, "m�me dans des familles ais�es, on voit de grandes
mis�res", souligne Isabelle de Rambuteau. "C'�tait le cas d'une m�re s�par�e
qui se plaignait de ne plus pouvoir faire travailler ses enfants, parce que
leur p�re leur donnait de l'argent. Il y avait dans le m�me groupe de parole
une m�re habitant dans une cit� dont le fils �tait handicap�... et qu'elle
n'avait aucun mal � faire travailler. Elles se sont mises � �changer. Et la
m�re de la cit� � donner ses solutions".
(1) Association Jeunesse de Saint-Vincent-de-Paul, 12, rue Bossuet, 75010
Paris. 01 48 78 61 01. [email protected]
- Pour conna�tre toutes les associations financ�es par le REAAP de Paris,
cliquer ici.