Comment font les autres parents

Témoignages : enfants et ecrans

comment faites-vous ou avez-vous fait pour empêcher vos enfants d'être scotchés devant un écran quel qu'il soit?(télévision, ordi, tablette...) et aussi d'être suspendus à leur portable si ils sont plus âgés 

Le mieux ce sont les vacances qu'on passe dans une maison de campagne où il n'y a ni télé, ni ordi, ni réseau...là c'est le rêve. A Paris, j'assure nettement moins bien.
L'ordi a un code qu'ils n'ont pas et est dans un lieu de passage (salle à manger)
La télévision a des télécommandes qu'on peut enlever quand on est absents et qu'on veut être sûrs qu'ils n'y passent pas leur vie.
Pour les téléphones, ils n'ont que des téléphones de base : appels et sms. Mais je ne suis pas assez stricte pour obtenir qu'ils les rangent dans l'entrée chaque soir après le diner comme je le voudrais.
L'exemple non plus n'est pas bon : je passe moi même des heures sur l'ordi à travailler...donc ils me voient faire.
ML


Avec Charles qui a 5 mois, nous n'avons pas encore trop de mal pour gérer ce problème. En tout cas le coin ordinateur sera proche de la cuisine (endroit fréquenté et sous surveillance) mais l'utilisation limitée dans le temps.
Priscilla


Les enfants sont grands maintenant mais quand ils étaient plus jeunes nous n'avions qu'un ordinateur fixe, sans wifi et dans notre chambre. A la campagne, nous n'avions pas de télévision et pas d'internet... Seulement aujourd'hui je pense que ce serait plus compliqué. Nous sommes nous-mêmes beaucoup sur internet pour travailler, s'informer, échanger avec nos amis... Ce serait sans doute difficile pour nous aujourd'hui de ne pas avoir le wifi ou bien une connexion internet à la campagne. Bref pas facile aujourd'hui tout cela !
Marie-Christine 


 Il est très difficile de contrôler le temps passé.
Le moyen que j'ai trouvé est d'obliger les enfants à jouer dans un lieu ouvert : c'est mon bureau qui sert de lieu de passage et de salle de jeux.
Ainsi le soir, pas de console dans les chambres.
Ensuite j'essaie, par le biais des tablettes de leur montrer qu'il y a des émissions ou dvd intéressants (scientifiques, culturels, géographiques et même les séries policières avec une thématique variée et astucieuse).
Nous n'avons pas la télé (ni en vacances).
Ils ne sont pas accros des jeux du coup même s'ils passent du temps sur les tablettes.
Danielle


Pour ma part , j'ai décidé de ne pas avoir de télévision , ni tablette , ni console  . Ni pour moi , ni pour les enfants après en avoir fait une expérience polluante  .

Nous avons un ordinateur qui reste avant tout un outil de travail et la possibilité de regarder un film de temps en temps ou une émission en podcast . Le tel portable de ma fille 14ans reste dans l'entrée , résultat : les enfants s'occupent autrement et le processus de créativité de fait naturellement  :  ma fille est passionnée d'origami et de bricolage quand elle ne lit pas . Mon fils 11 ans , joue de la guitare et dessine . Je ne pouvais pas supporter l'idée de faire la police dur un loisir qui  abrutit . C'est une tension en moins dans mon  rôle d'éducatrice .

Le plus difficile est de décider , ensuite c'est un acquis respecté.  Je reste toujours vigilante sur les jeux qu'ils peuvent trouver sur l'ordinateur quand je ne suis pas à la maison. Ma vie à changé du tout au tout quand j'ai oublié la télévision. Nous lisons le journal et sortons pour des activités culturelles . 

Il y a un avant et après écran , c'est un fait dans notre histoire, c'est une réalité dans ma vie .

Merci pour votre travail au MMM .
Barbara 


  Le mot de la conseillère familiale !

S'il convient de ne pas ''diaboliser'' les écrans en ce qui concerne nos enfants, il est important de garder une grande lucidité sur le sujet. En effet le côté ludique des jeux et  l'apport d'informatif du web peuvent être bénéfiques, ainsi que l'importance aujourd'hui pour un enfant ou un jeune de ne pas se sentir marginalisé par ses pairs s'il ne peut participer aux conversations dans la cours de récré...

Mais les parents doivent être conscients des dérives et des risques possibles, et les smartphones des copains se sont pas sous logiciel de contrôle parental. Je dirais qu'aujourd'hui, les principaux points problématiques sont le manque de sommeil (les jeunes ont leur téléphone sous leur oreillers et une étude montre qu'ils sont déficitaires de 2 heures de sommeil à 14 ans), l'addiction aux jeux vidéo (les plus addictifs étant les jeux en ligne avec un groupe de participants), et l'accès à la pornographie (dès 10/11 ans ils trouvent très drôle entre copains de taper ''porno'' et voir ce qui apparait...).

Aux parents d'accompagner leur enfants, sur la toile aussi!
Diane


 J'ai été confrontée à la télévision très rapidement avec mon aîné lorsqu'il était chez la nounou. Elle avait tendance à laisser sa tv allumée en fond. Il est restée chez elle de ses 1an, à ses 3ans. Aussi quand il n'est plus allée chez elle il ne concevait pas qu'à la maison, à contrario de chez elle, la tv ne soit quasi pas allumée.

On a alors rencontré des difficultés, crise, insistance de sa part à allumer la tv. On a trouvé des subterfuges afin qu'il l'oublie peu à peu : jeu, sortir dehors, qu'il participe à la vie de famille : cuisine, rangement... puis il a trouvé sa place!

Désormais il a quasi 6 ans, et il a complètement assimilé le fait que la tv est allumée à certains moments et pas à d'autres.

Son petit frère, qui a deux ans, ne comprend pas justement les créneaux vu qu'il n'a pas de notion de temps, mais après l'avoir réclamé, il va jouer... par contre il est accro à la tablette, et là il ne comprend vraiment pas quand je lui enlève!! J'ai droit à des pleurs, des crises... je tâte le terrain en voyant comment faire (la cacher par exemple)
Linda


  J’ai 3 enfants entre 9 et 11ans qui sont accros aux jeux sur écrans. Nous avons  une TV, un ordi et une tablette à utiliser dans le salon ou salle à manger. La règle est pas d’écran pendant la semaine sauf occasionnellement  pour des sites recommandés par les profs qui permettent d’apprendre en s’amusant (orthographe, anglais, maths).

La tablette est cachée et l’ordi a un code qu’ils ne connaissent pas. Le weekend ils peuvent utiliser les écrans entre 8 et 10h le matin mais on autorise aussi ponctuellement pendant la journée quand ils ont fini de travailler et entre les sorties diverses et variées.

Je me bats continuellement car j’ai des demandes tout le temps surtout par mon fils de 11 ans qui s’embête et veut jouer continuellement et demande un portable , une wii , un … car tous ces amis en ont.
Sandrine


  A l’adolescence, l’attirance pour les jeux video est très forte mais je savais par expérience avec mon ainé qu’elle ne durerait qu’un temps. J’ai donc opté pour une console de jeux sans abonnement réseau, pour privilégier les parties avec des amis réels à la maison.
Pas de jeux sur l’ordinateur.

En parallèle la pratique d’un sport en club permet de limiter le temps passé devant les écrans. Sophie


Mes enfants ont l'autorisation de faire des jeux sur l'ordinateur uniquement le we, surtout quand il ne fait pas beau, et quand tous les devoirs sont terminés. Je leur donne un temps limité. A la fin du temps ils doivent arrêter, s'ils ne respectent pas les consignes "il n'y aura pas de prochaine fois".

 

Pour la télé, nous essayons de faire des soirées en famille, ils choisissent un film qui plait à tout le monde. Et d'autres soirs nous proposons à un seul de choisir un film et de passer la soirée avec nous. Pour le portable, ma fille ainée est assez raisonnable, la consigne est que le soir elle doit l'éteindre et le laisser dans l'entrée. Pour le moment ça fonctionne bien !
Veronique


 

Nous n'avons pas eu de television pendant des années et après, elle se trouvait dans notre chambre ce qui a permis un contrôle de fait. Nos enfants y étaient habitués et s'occupaient naturellement autrement, surtout nos filles. Pour notre fils, le combat fut plus difficile. Il  y a des jeux sur ordi qui développent certaines capacités. Il est bon d'y recourir mais toujours dans le cadre d'un " contrat " négocié.

L'ordinateur était familial et se situait dans un lieu de vie commune. Pas question d'avoir un ordinateur à soi dans sa chambre avant que les études l'exigent absolument ( dans le cas des miens qui ont tous 20 ans +, les études supérieures).

Difficile d'interdire et de poser des limites strictes sans rien proposer, sans quoi nos enfants trouveront toujours manière de tromper la vigilance parentale ! L'amour de la lecture: le plus tôt le mieux avec de longues séances dans les bibliothèques municipales (gratuites) et les caddies plein de livres ramenés à la maison... toutes autres activités pour développer les talents, la curiosité, la sociabilité, voire la serviabilité de nos enfants ... ainsi que le droit de s'ennuyer, paradoxalement fécond! Regarder de bons films en famille et en faire un très bon moment à partager, aussi d'en discuter avec eux après.

Du bon usage du portable. Que le jeune participe aux frais à défaut de le financer complètement est une bonne chose. L'autonomie se gagne!! Doit faire l'objet d'un contrat négocié sans quoi les risques de dérapages sont multiples ( sic les autres témoignages déjà partagés!! )

Ce n'est pas forcément bon de couper les enfants de l'utilisation de tous ces outils.

Apprendre à bien s'en servir sans en devenir l'esclave, voilà le vrai défi !! . Cela demande beaucoup de vigilance et de présence, de fermeté - mâtinée  si possible d'humour de la part des parents. Rien d'évident dans la vie quotidienne quand il faut en plus adapter le message en fonction de l'enfant en présence !! Alors oui, de couper parfois pour respirer peut être une bonne solution quand cela devient une source de frictions continuelles et répétées. Quoiqu'il arrive et même en restant à l'écoute, ce sont les conditions des parents à comprendre et à respecter qui priment et ça, c'est du non négociable. Mais important de trouver le bon biais de communication. Si les enfants ne veulent pas comprendre, de tout supprimer un temps ne leur fera pas de mal - a condition d'offrir un minimum d'activités de substitution...

Des problèmes d'addiction aux écrans et à l'usage des réseaux sociaux et du fonctionnement  fille/ garçon - désolée d'être politiquement borderline (!), je vois recommande instamment de lire l'excellent livre ( à mon avis) de Léonard Sax : Pourquoi les garçons perdent pied et les filles se mettent en danger.

Cet ouvrage livre des clefs de compréhension très intéressantes sur l'attitude de nos enfants et jeunes devant les écrans, pour prévenir aussi des situations qui peuvent les mettre  en danger. Les  points de repère développés sont les bienvenus pour nous encourager , parents que nous sommes à tenir BON. Conclusion ( très égoïste !?)  tout a une fin ! Je n'ai plus besoin d'être sur le dos de mes jeunes adultes à ce sujet. OUF !!
Marie-Liesse


 

 Pour les grands (22 et 24 ans, étudiant et en début de vie active) :

* depuis toujours (= depuis qu'ils ont des mobiles = depuis la 4e) : lorsque l'on est à table ou ensemble ou au cours une discussion. il est interdit de répondre au tel, chatter, snapchatter, emailer, ...

* De même, on ne va pas sur Google à tout bout de champ pour vérifier, chercher, ...

* En revanche, comme les mobiles font partie de nos vies et leur utilisation aussi, comme ils sont parfois loin (province), très loin (étranger), je leur demande de ne pas laisser l'un de mes appels ou textos sans réponse... trop longtemps : ça peut être une urgence, ou même si c'est tout simplement pour me rassurer ;) Eh oui, je suis honnête, c'est la contre-partie de l'utilisation familiale, commune, affective, ...de cet objet qui est aussi un objet de lien ! Je m'attache cependant à ne pas les harceler/contrôler mais au contraire à penser/agir "lien". Si je sens que cela bascule (pour l'un ou l'autre) à un moment donné, j'explique que j'ai besoin de rassurer mon inquiétude et ils le comprennent.

* Leur période ado a été marquée par MSN, première messagerie (avant les textos) : ils y participaient en codant et fermant leur "session", mais cela se passait sur mon ordinateur dans le salon, et la dérive sur internet était difficile pour eux...

* Quant aux jeux vidéo, ils y ont ados à certains moments bcp joué, j'ai toujours essayé de contrôler à la fois le temps passé et aussi le genre de jeux  : certains -trop violents notamment, ou stupides- étaient interdits à la maison, ce qui ne les empêchait probablement pas d'y jouer ailleurs chez les copains, mais au moins c'était limité et certains autres, on en a parlé... L'idée était de leur faire prendre conscience du temps passé/perdu? là-dessus et de l'intérêt/les valeurs des jeux. * Idem avec la télé, qui a toujours été dans la chambre parentale, ce qui limite l'accès et les dérives horaires.

Aujourd'hui, ils jouent et regardent encore des films sur leur ordinateur, mais ils expliquent à leur petit frère (en jouant avec lui quand ils sont ensemble) comment ne pas faire les mêmes erreurs de choix de jeu, comment réguler son temps de jeu,... Ils lui montrent, par l'expérience du jeu avec lui, que c'est un divertissement parmi d'autres et qu'il y a aussi de la vertu à lire un LIVRE (papier).

* Idem Sophie : le sport, -et dans une autre mesure le scoutisme- pour mes garçons ont été salvateurs de moindres périodes de "glande" : cela les a occupés par des activités physiques (2 à 3 entraînements de 2h la semaine + des 1/2 journées ou journées de match le WE, ça mobilise du temps !!) et a développé plusieurs valeurs, dont : leur sens des projets, de l'entrepreneuriat, de la démerde, de l'engagement, du don gratuit de soi, de l'équipe, ...

Pour le plus jeune (13 ans en 4e) :

* Il a eu un mobile plus tôt que ses frères (6e), justifié par les trajets bcp plus longs et par les transports publics en autonomie.

* Il est souvent seul chez son père et a passé l'année dernière un temps fou devant la télé ou son Ipod. J'ai pris une jeune fille lycéenne qui vient qq heures après l'école pour juste "passer du temps avec lui" : goûter, discuter, jouer et surtout faire les devoirs... L'idée est qu'il ne s'abrutisse pas devant les émissions des heures de grande audience, genre les Chtis ou autre (!!), qu'il ne soit pas seul à la maison de 17 à 20.00 et le mercredi tout l'aprem... Une pédo-psy chez qui il a été 3 séances en fin d'année scolaire (c'était un peu tard, d'ailleurs) parce que je trouvais qu'il n'allait pas très bien, m'a alertée sur le fait qu'être seul ainsi, trop longtemps, chaque jour, ... et noyer cette solitude sur les écrans notamment, installe tranquillement des symptômes anxiogènes et dépressiogènes... Retour d'expérience de maman. Cette situation est renforcée dans notre contexte familial dans lequel il a passé toute sa petite enfance très entouré (nous avons été jusqu'à 7 à la maison) puis d'un seul coup : solitude, totale, sur de trop longues périodes.

* Son tel (il l'utilise très peu) et son Ipod (il l'utilise bcp) ne sont plus dans sa chambre lorsqu'il se couche.

* Il n'a pas d'autres écrans dans sa chambre, sauf une vieille game boy qu'il reprend de tps en tps. Je contrôle alors, sur cette période-là, que les activités soient variées aussi, sinon ça pourrait durer des 1/2 ou journées entières.

* Il doit théoriquement demander pour regarder la télé, (pas tj respecté !!) et je n'ai jamais codé la télé, bien que je l'ai souvent menacé de le faire... Je me fâche vraiment quand il ne gère pas les horaires ou déborde ce qui était convenu, et l'amène à prendre conscience de ce qui se passe : qu'est-ce qu'il regardait ?, l'intérêt ?, pourquoi le débordement ?, l'incidence sur le reste de sa vie (devoirs, amis, sport, ...)

* On regarde de tps en tps un film, choisi ensemble, tous les 2 sous la couette sur mon lit... C'est toujours très cool, que je fasse un effort pour aller dans sa zone de choix du film (!) ou que je lui impose un film qu'il ne connaît pas pour le lui faire découvrir... :)

* Il n'a pas accès au seul ordinateur de la maison (le mien, qui est donc mon outil de travail et doit être respecté en tant que tel : c'est toute ma vie !) sans mon autorisation et mon contrôle : je reste avec lui pour ses recherches web scolaires. Chez son père, il a un ordinateur dans sa chambre avec un accès internet...

* Idem ses frères : le sport et le scoutisme semblent offrir les mêmes vertus...

Voilà, je crois que j'ai fait à peu près le tour...
Alix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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